L'avis d'une psychanalyste réputée

Selon Sophie Cadalen, il est en effet possible de rencontrer le grand amour sur les sites de rencontres tels que Adopteunmec, Meetic ou encore entrevous2.com . Voici ce qu'elle en pense : "Internet est un autre moyen pour les femmes et les hommes de faire valoir leurs désirs et leurs sentiments, de les partager, de les confronter : il est donc inévitablement au service des rencontres amoureuses !

Sous prétexte que chacun reste protégé derrière son écran, on a tendance à assimiler le virtuel au mensonge, à la tromperie et au refus ou à la peur de s’engager. Sauf que dans ce monde virtuel, des mots se rencontrent. Et en qualité de psychanalyste, je sais combien les mots sont engageants ; ils en disent beaucoup, au-delà de ce que chacun pense ou veut exprimer.

De fait, la correspondance – car c’est bien de cela qu’il s’agit ! - permet d’arriver assez vite à un niveau d’intimité que le contact physique empêcherait. Parce que, alors, certaines personnes seraient embarrassées par leur physique, par la peur du regard de l’autre ou par leur propre jugement sur leur interlocuteur ; la rencontre visuelle est créatrice de quantité de préjugés qu’Internet permet de dépasser.

Même s’il en crée d’autres, évidemment. Il ne s’agit pas d’idéaliser Internet, mais de ne pas le diaboliser non plus. Par exemple, ce n’est pas Internet qui a inventé la tendance, chez certains, à vivre dans le fantasme de l’autre et à l’imaginer plus qu’à le côtoyer. Comme toutes les névroses, celle-là existait bien avant et ne fait que se rejouer sur Internet."

Le témoignage d'un couple qui s'est rencontré de cette manière !

Carine est une technicienne de laboratoire de 38 ans qui n'arrivait pas à trouver l'amour, jusqu'à ce qu'elle s'inscrive sur un site de rencontres. Sur ce dernier, elle a eu la chance de faire la connaissance d'Emmanuel, informaticien, et âgé de 39 ans. Aujourd'hui, ça fait quatre ans qu'ils vivent en couple et qu'ils sont heureux.

Voici son témoignage : "La photo de son profil renvoyait à un premier de la classe, un peu tristounet. Mais son mail était gentil. Nous avons correspondu tous les jours pendant deux mois et demi. Derrière mon écran, je me sentais forte, à l’aise pour me dévoiler. On avait plein de points communs : aînés tous les deux, des frères jumeaux, des parents mariés la même année et toujours ensemble. Mail après mail, mes sentiments s’amplifiaient. J’étais surexcitée en attendant ses messages, malade de stress à l’idée que notre échange tombe à l’eau.

Mes pires souvenirs : le jour où je n’ai pas reçu de message – j’ai su plus tard qu’il avait eu une panne d’Internet –, et le moment où je lui ai envoyé ma photo – j’avais peur de lui déplaire. Mais non, il voulait poursuivre ! La première fois qu’il m’a téléphoné, mon coeur s’est emballé, je n’ai pas osé décrocher. Sur le message, j’ai trouvé que sa voix “allait bien” avec ce que je connaissais déjà de lui.

J’étais très impatiente de le voir ! Mais je voulais me laisser mener, à l’ancienne. On s’est rencontrés au café, avant une séance de cinéma et après des heures d’essayage ! J’étais nauséeuse, fébrile, anxieuse. J’ai aimé son look, plus moderne que sur sa photo. Mais c’était vraiment troublant de se retrouver face à un inconnu. Heureusement, la conversation nous a emportés. Quand il m’a embrassée, je n’en ai pas dormi de la nuit : je me projetais dans une vie à deux, avec lui. Ma mamie est morte le surlendemain. Il a été très présent, j’ai pu mesurer ses sentiments." Alors, convaincu ?

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